Au printemps 2026, l’association L’A. Agence culturelle Nouvelle-Aquitaine est en liquidation en raison de l’arrêt de son financement par la Région et la DRAC Nouvelle-Aquitaine. Le présent site web est une archive hébergée par la Région Nouvelle-Aquitaine, consultable à l’envie pour un temps indéterminé (pages web, ressources PDF…) et dont les contenus seront en partie repris par le portail Culture & Patrimoine.
Le MAR Collectif
L’École supérieure de théâtre de Bordeaux – Éstba, a fait émerger un grand nombre de collectifs de jeunes comédien·ne·s depuis sa création, en 2007. Le MAR Collectif en est l’un des derniers représentants ! Tou·te·s issu·e·s de la promotion 4 (2016-2019), emmené·e·s par le noyau dur Clémence Boucon et Prune Ventura, il·elle·s créent leur première pièce, Motel, à l'univers hollywoodien des années 50-60, au printemps 2024. Dans le cadre de son dispositif L’A. trajectoire, L’A. a accompagné cette compagnie.

Motel, Le MAR Collectif, photo Anthony Rojo
Sueurs froides
Comme tant d’autres avant eux – le collectif OS’O, les Bâtards Dorés, ou les Rejetons de la reine –, Le MAR Collectif, créé en 2021, est avant tout une bande d’ami·e·s soudé·e·s, vibrant d’un même élan pour le théâtre, dont les trois années à l’Éstba ont été un ciment intense. « On a vécu ces années d’école comme dans une grande famille, on y a acquis inévitablement un langage commun. Pour nous il est plus simple de communiquer les uns avec les autres, le travail est plus rapide, plus fluide. On se comprend très vite au plateau », témoigne Clémence Boucon, qui, avec Prune Ventura, constitue le noyau dur du MAR Collectif. Garance Degos et Louis Benmokhtar s’y sont rallié·e·s pour le projet Motel. Leur ligne esthétique ? Un théâtre de corps, d’images, visuel et efficace, qui ne renie pas les influences de Joël Pommerat, Romeo Castellucci ou Peeping Tom.
Aujourd’hui, ces à peine trentenaires, tou·te·s comédien·ne·s, vivent éparpillé·e·s en France, pris·es chacun·e par leurs engagements respectifs. Ainsi Louis Benmokhtar est passé par le CDN de Caen (sous la direction d’Élise Vivier et Marcial di Fonzo Bo) avant de créer sa compagnie, Clémence Boucon danse pour Silvia Costa et sera dans M’aime pas mort de Betty Heurtebise aux côtés de Prune Ventura qui travaille par ailleurs dans Farces et Nouvelles de Pierre Pradinas. Quant à Garance Degors, elle a rejoint le CDN de Tours (sous la direction de Jacques Vincey), notamment pour la Grammaire des mammifères. Ces collaborations multiples ne sont pas un frein au travail collectif, bien au contraire, affirme Clémence Boucon : « Il nous semble important que chacun·e continue de travailler pour d’autres. On ne s’imagine pas comme un collectif fermé, on a envie de continuer à se nourrir, de travailler ailleurs ».
Lors du festival de la ruche, l’an dernier, bouillonnant rendez-vous théâtral du TnBA (sous la direction de Catherine Marnas), le MAR collectif a présenté une première maquette de Motel. Leur première pièce inspirée du genre thriller, qui emprunte une scénographie très cinématographique, à l’image de ce générique géant hyper stylisé. En quelques scènes efficaces et physiques, aux beaux effets de sons et de lumière (signés Tom Desnos et Thomas Germanaud), le collectif a marqué les esprits. Un an plus tard, L’A. Agence culturelle Nouvelle-Aquitaine s’est engagée à leurs côtés dans un accompagnement et l’OARA va les accueillir en résidence à la MÉCA, juste avant leur création. Entre temps Prune et Clémence, qui réalisent la co-mise en scène, ont de leur côté renforcé l’étoffe dramaturgique à coups de lectures et discussions, qui vont servir d’appui au travail avec les comédien·nes sur les prochaines résidences. « L’écriture plateau, l’improvisation, sont très importantes pour nous. Au départ il n’y a pas de rôles préétablis, pas de texte préexistant. Nous avons un vrai travail d’écriture collective. »
Le collectif peaufine aussi une forme mobile, légère et courte de Motel, qui permette d’intervenir en milieux scolaires, d’imaginer des médiations autour du cinéma. La bande fourmille donc de projets et déjà se profile l’envie d’une seconde pièce, toujours inspirée par le cinéma, mais encore très embryonnaire. En attendant, les deux fondatrices planchent elles sur un projet de court-métrage, intitulé Une jeunesse révolutionnaire.
L’Affût : En quoi l’accompagnement fait par l’agence a été significatif pour vous ?
Le MAR Collectif : L’A. a pris une place centrale lors de la création de notre compagnie et son évolution en nous soutenant et en nous conseillant sur la meilleure façon de construire notre projet. Notre interlocutrice, Marie-Lise Hébert, a été à l’écoute de nos besoins. Sa connaissance du terrain et son accompagnement d’artistes en font une partenaire précieuse. Elle nous a permis de questionner la ligne artistique que l’on veut défendre et la façon dont nous souhaitons nous implanter dans le territoire de la Nouvelle-Aquitaine.
Aujourd’hui, par cet article, L’A. nous donne l’occasion de parler de notre travail et nous savons que c’est une étape essentielle pour des jeunes artistes émergent·e·s. Nous tenons à les remercier chaleureusement pour toute la confiance qu’ils nous donnent.
L’Affût : Comment accompagner les élèves tout juste sorti·e·s d’écoles supérieures d’art dramatique ?
Marie-Lise Hébert, L’A. : Au cours de leur formation, les élèves des écoles supérieures ont un emploi du temps dense afin d’acquérir ou de perfectionner leur jeu et la maitrise de leur corps, de leur voix, etc. Il reste donc peu de temps pour se préparer au monde professionnel dans lequel il·elle·s feront bientôt leur entrée, bien que certaines écoles essaient de plus en plus de mettre en place des cours ou des modules allant dans ce sens. L’A. accompagne plusieurs de ces professionnel·le·s sortant de formation en leur apportant des connaissances sur l’écosystème culturel régional grâce aux données et outils de l’agence (cartographies, annuaire, fiches ressources, études, podcasts…). Mais surtout, nous abordons la question du sens, celui de créer ou non une structure aujourd’hui. Nous abordons des notions de politiques publiques, de structuration et échangeons autour de la notion de lien et d’ancrage sur un territoire, avec ses habitant·e·s. Nous les aidons à identifier aux mieux des partenaires grâce à différents outils et échangeons autour de leur posture lors de leurs différents rendez-vous conseils. Il ne s’agit pas de faire le travail à leur place, mais bien de leur donner les possibilités, les appuis, et une compréhension du secteur afin que les artistes puissent ensuite se structurer et se développer de manière pérenne, autonome, et en accord avec un territoire donné et ses enjeux.
Le MAR Collectif
94 Cours Aristide Briand 33000 Bordeaux
06 20 11 49 37 – lemarcollectif@gmail.com
@lemarcollectif
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