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Conférence-rencontre : un nouveau récit pour les campagnes

Le mardi 23 mai, L’A. Agence culturelle Nouvelle-Aquitaine et le théâtre Jean-Lurçat - scène nationale d’Aubusson se sont associés pour proposer une conférence rencontre entre Valérie Jousseaume, enseignante chercheuse et autrice du livre Plouc Pride - un nouveau récit pour les campagnes et Nicolas Bonneau, co-directeur artistique de la Cie La Volige qui partage son regard d’artiste sur notre territoire qu’il sillonne depuis 2 ans. Ce moment a rencontré un grand succès, 120 personnes se sont déplacées pour assister à cette conférence.

Lors de cette conférence, comme à travers son livre, Valérie Jousseaume redonne aux habitant·e·s des territoires ruraux un rôle actif dans le changement de civilisation en cours. Ce sujet est traité ici de façon originale. La chercheuse nous explique que le récit est toujours fait par les dominants, « les ruraux ne parlent pas, ils sont parlés ». Elle s’est rendue compte que dans l’Histoire, les questions sur les campagnes, sont le fait de gens qui n’habitent pas les campagnes et a donc voulu petit à petit donner voix aux ruraux, raconter la ruralité depuis la ruralité.

Nicolas Bonneau, de son côté y apporte du vécu et de l’imaginaire. En écho avec les différents thèmes abordés, Nicolas a permis aux personnes présentes de participer et de mieux comprendre les réalités du terrain à travers des récits et scénettes documentées jouées sur scène.

Valérie nous rappelle les différentes façons d’habiter le monde en commençant par l’ère sauvage des chasseurs-cueilleurs, pêcheurs qui sont des nomades. L’espace est alors perçu comme un cheminement. Ensuite vient la révolution technique avec l’invention de l’agriculture, la domestication, qui impliquent la sédentarisation. L’espace devient ici un territoire.
Avec la 3ème révolution, dite industrielle, on entre dans l’ère de la modernité, l’Homme devient plus mobile, possède une autre culture, un autre rapport au temps et à l’espace. La société moderne va mettre l’Homme au centre de ses orientations : produire, travailler et consommer au détriment de la qualité. La banalisation des paysages, l’industrialisation de tout, les monocultures généreront une artificialisation.
En 1990 avec l’arrivée d’internet, on entre dans la 4ème révolution : celle du numérique. Nous allons pouvoir imaginer aller plus loin, plus forts, être plus rentables et donc plus puissants. L’espace devient celui d’un monde virtuel. Mais cette nouvelle ère va engendrer de nouveaux problèmes : écologiques, limites des ressources… De cette révolution vont naître des courants néo-paysans, alter mondialistes et écologistes qui ont leurs idées du futur mais sans vraiment dégager de réelles solutions. L’homme va devoir choisir entre habiter la terre qui serait un jardin (urbanisme de la relation) ou un monde ordinateur (urbanisme du contrôle).

D’après Valérie Jousseaume, dans la culture moderne nous sommes des « individualisés, catégorisés». A contrario, la société paysanne a été acculturée et moquée avec une grande violence.
La modernité a détruit tous les environnements de vie en 100 ans : la terre, l’eau, l’air. L’hyper modernité finira de détruire le monde paysan car l’objectif serait l’alimentation non agricole. Il existe néanmoins une alternative à cette situation extrême : le numérique pourrait participer à la naissance d’un monde « comme un jardin ».

La désindustrialisation des années 80, a fait muter notre imaginaire collectif, en passant du « produire et consommer » au « consommer et se distraire », on veut être en vacances partout et tout le temps. L’espace rural doit nous permettre de se ré-ancrer dans le temps et l’espace et favoriser des espaces de la relation.

« L’espace public de demain devra servir à construire du Nous. La construction du Nous passe par le jeu, la fête et le rêve. Ayons un peu d’humilité, acceptons l’altérité ! ».

Le monde rural pourra-t-il prendre conscience de son attractivité face à ces villes surpeuplées qui génèrent plus de contraintes que d’atouts ? Nos décideur·euse·s, élu·e·s de la république doivent repenser l’occupation du territoire et rééquilibrer les disparités. Il n’y a pas de modèle, tout est à inventer à un moment où l’hyper modernité ne satisfait plus aucun besoin humain.

« Les territoires qui sauront faire ça demain seront des territoires désirables.  Soyons fiers de notre passé de ploucs pour inventer un futur désirable pour tous ! » 

Revivre la conférence :

Pour aller plus loin :

  • Podcast : Plouc pride de Valérie Jousseaume, un récit alternatif à l’hypermodernité

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Mathilde Barron

Mathilde Barron

Responsable du Pôle accompagnement

accueil@la-nouvelleaquitaine.fr

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