Au printemps 2026, l’association L’A. Agence culturelle Nouvelle-Aquitaine est en liquidation en raison de l’arrêt de son financement par la Région et la DRAC Nouvelle-Aquitaine. Le présent site web est une archive hébergée par la Région Nouvelle-Aquitaine, consultable à l’envie pour un temps indéterminé (pages web, ressources PDF…) et dont les contenus seront en partie repris par le portail Culture & Patrimoine.

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40 ans au service des arts et de la culture en région

Emploi, formation et dialogue social

L’A. Agence culturelle Nouvelle-Aquitaine

Après près de quarante années d’activité au service des arts, de la culture, de l’observation et de l’accompagnement des professionnel·les en région, L’A. – Agence culturelle Nouvelle-Aquitaine s’apprête à vivre son dernier acte public avant dissolution, prévue dans le courant du printemps 2026. À cette occasion, l’association organise La Dernière Rencontre de L’A., une soirée de clôture ouverte au public, le mercredi 29 avril 2026, à partir de 17h, au MÉTA à Poitiers.

Un contexte de fermeture lié au retrait des financements publics

La dissolution de l’association basée à Poitiers a été actée en début d’année 2026, dans un contexte budgétaire contraint, en accord avec la Direction régionale des affaires culturelles (Drac). La Région Nouvelle-Aquitaine, principal financeur à hauteur de 740 000 euros par an, avait voté une baisse de 150 000 euros en 2025, qui devait être reconduite en 2026. Mais en décembre 2025, la région a finalement mis fin à son soutien. 

Cette décision a entraîné l’arrêt programmé de l’activité et l’ouverture d’un processus de fermeture. Deux vagues de licenciements économiques ont vu partir dix personnes en 2025 et entraîné la fermeture des antennes de Limoges et Bègles. Les cinq derniers salariés de l’agence seront licenciés à partir du 30 avril 2026.

La disparition de L’A. ne constitue pas un cas isolé. Elle s’ajoute à une liste déjà longue de fermetures d’agences culturelles régionales, signe d’un recentrage de l’action publique culturelle sous l’effet de restrictions budgétaires. Elle s’inscrit dans un moment de transformation profonde des politiques culturelles territoriales, de fragilisation des modèles associatifs et de recul de certains espaces de dialogue et de coopération entre acteurs publics et professionnels.

Cette fin soulève des questions qui dépassent largement le seul cas de L’A. : quelle place pour les structures intermédiaires dans les écosystèmes culturels ? Comment maintenir des fonctions d’observation, de mise en réseau et d’accompagnement lorsqu’elles ne trouvent plus de cadre pérenne ? Que dit ce retrait des priorités actuelles des politiques culturelles territoriales ?

Une structure singulière, née avec la décentralisation culturelle

L’A. est née dans les années 1980, dans le sillage des grandes politiques de décentralisation culturelle. Héritière d’une histoire régionale ancrée dans l’ancien territoire Poitou-Charentes, elle s’est progressivement affirmée comme un outil original dans le paysage culturel territorial : ni opérateur de spectacles, ni administration, ni syndicat professionnel, mais une structure intermédiaire capable de faire lien entre des mondes qui se croisent sans toujours se rencontrer — institutions publiques, collectivités, artistes, associations, réseaux professionnels, employeurs culturels.

Au fil de ses quarante ans d’existence, L’A. a développé quatre grandes missions complémentaires :

  • L’observation et la production de connaissances. Doté d’un observatoire des politiques culturelles actif dès les années 1990, L’A. a produit des études, des enquêtes, des diagnostics et des analyses sur l’emploi culturel, les pratiques artistiques, les dynamiques territoriales et les évolutions du secteur en région. Cette fonction de veille et d’analyse a alimenté les réflexions des acteurs publics et professionnels de Nouvelle-Aquitaine pendant des décennies.
  • L’accompagnement des structures et des professionnel·les. L’agence a développé des dispositifs d’appui individuels et collectifs à destination des structures culturelles, des équipes artistiques, des porteurs de projets et des dynamiques de réseaux. Elle a ainsi contribué à structurer et professionnaliser le secteur culturel régional, en outillant ses acteurs face aux transformations économiques, organisationnelles et institutionnelles.
  • La production et la diffusion de ressources. Guides pratiques, publications thématiques, cartographies, veille professionnelle, webinaires, podcasts : L’A. a construit au fil des ans un important patrimoine documentaire à destination des acteurs culturels, disponible sur son site internet.
  • L’animation de la vie professionnelle. À travers l’organisation de rencontres professionnelles, de forums et de temps de débat, L’A. a été un lieu de circulation des savoirs, de mise en réseau et de dialogue critique sur les politiques culturelles. Elle a également assuré le secrétariat et l’animation du COREPS Nouvelle-Aquitaine — le Comité Régional des Professions du Spectacle, instance de dialogue entre organisations professionnelles, État et collectivités territoriales.

L’A. a organisé un nombre important de rencontres professionnelles dont le forum régional « Entreprendre dans la Culture ». Pour nombre d’acteurs et d’actrices du territoire, L’A. a été tour à tour un lieu ressource, un point d’appui, un espace d’intermédiation, un observatoire et une instance de travail collectif. Sa disparition prive le secteur culturel régional d’une structure dont le rôle, moins visible que celui des opérateurs culturels, n’en était pas moins déterminant.

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