UPCP Métive

Réalisé par Marie-Agnès Joubert en février 2020

Depuis un demi-siècle, l’UPCP-Métive s’attache à promouvoir les arts et traditions régionaux.

Valoriser le patrimoine oral poitevin

Fondée voici 50 ans par deux responsables d’associations d’art et traditions populaires, André Pacher et Michel Valière, l’Union pour la culture populaire (UPCP) en Poitou-Charentes et Vendée n’a cessé de croître, au point d’attirer l’attention des élus qui lui confient en 1993 la cogestion d’un lieu, la Maison des Cultures de Pays à Parthenay. Pour mener à bien un projet d’opérateur culturel (saison et festival), est alors créée l’association Métive, Centre régional de musiques et danses traditionnelles en Poitou-Charentes-Vendée, avant que celle-ci et l’UPCP fusionnent en une seule entité, l’UPCP-Métive. Aujourd’hui, la structure articule son activité autour de quatre axes qui convergent vers un objectif : valoriser le patrimoine culturel immatériel régional. Sa première mission consiste en l’animation d’un réseau composé d’une cinquantaine d’associations réparties sur cinq départements – Deux-Sèvres, Vienne, Vendée, Charente et Charente-Maritime. Outre initier chaque année un projet fédérateur sur un thème spécifique (le violon populaire, les métamorphoses…), l’UPCP-Métive coproduit certains spectacles portés par des associations et aide à leur diffusion. « Nous avons ainsi contribué à la création d’un spectacle réunissant danseurs et musiciens issus de huit associations », explique sa directrice, Josette Renaud. La transmission du patrimoine oral poitevin et l’éducation artistique et culturelle représentent un second enjeu majeur, auquel répondent les associations membres du réseau, l’UPCP-Métive se positionnant davantage sur la formation de formateurs (auprès notamment du Centre de formation de musiciens intervenants – CFMI), les interventions en milieu scolaire et dans l’enseignement supérieur. Cette transmission, qui ne se limite pas à la musique et à la danse mais concerne aussi le conte et des savoir-faire artisanaux, s’enrichit de l’existence, au sein de la Maison des Cultures de Pays, d’un Centre d’études, de recherche et de documentation sur l’oralité (CERDO). Enfin, l’UPCP-Métive accueille dans ses murs une douzaine d’équipes artistiques, lors de résidences assorties de coproductions et de pré-achats. « Les compagnies sont assurées d’une diffusion puisque les projets sélectionnés le sont en fonction de la ligne artistique du festival De Bouche à Oreille, où elles seront programmées », souligne Josette Renaud, qui sollicite d’autres réseaux (dont le RIM) et partenaires (le Centre régional de musiques traditionnelles en Limousin, l’Institut culturel basque…) pour soutenir la production et la diffusion des projets.
Disposant d’un budget avoisinant les 800 000 € HT, financé à plus de 50% par des subventions publiques dans le cadre d’une convention pluriannuelle d’objectifs signée avec la DRAC, la Région, le Département des Deux-Sèvres et la Ville de Parthenay, l’UPCP-Métive s’interroge aujourd’hui sur la pertinence du maintien de ses multiples activités. Elle ambitionne aussi et surtout d’être reconnue comme lieu de fabrique pour la partie spectacle vivant, et de voir le CERDO labellisé Ethnopôle.

L’Affût : En quoi consiste le Centre d’études, de recherche et de documentation sur l’Oralité (CERDO) ?

Josette Renaud : Ce Centre abrite tous les collectages effectués sur la mémoire vivante du territoire, sous forme de documents écrits, sonores, iconographiques et audiovisuels. Nous avons aussi récupéré le fonds d’ouvrages de la Société d’agriculture des Deux-Sèvres. Il est possible de consulter les documents sur place, mais l’objectif étant de les rendre accessibles au plus grand nombre, une partie d’entre eux est également disponible en ligne. Les usagers du CERDO sont très divers : enseignants, élèves, amateurs de danse, de musique, de conte, artistes et cinéastes souhaitant intégrer des archives à leurs créations scéniques ou cinématographiques, et chercheurs. Nous valorisons ces fonds au travers d’expositions réalisées tous les deux ans en partenariat avec le Musée municipal de Parthenay, de spectacles mais aussi d’ouvrages puisque nous avons notre propre maison d’édition, Geste Éditions. Par ailleurs, nous travaillons en lien avec la Bibliothèque nationale de France, à laquelle nous adressons des documents numérisés, l’objectif étant, à terme, que ceux-ci intègrent la base de données Gallica.

L’Affût : Vous organisez en juillet le festival De Bouche à Oreille. Que propose-t-il en termes de programmation ?

Le festival se tient durant quatre jours, essentiellement à Parthenay : dans les murs de la Maison des Cultures de Pays et dans l’amphithéâtre à l’extérieur, dans le Jardin des Cordeliers et au Palais des Congrès. La programmation se compose notamment de bals gratuits animés par des groupes amateurs d’associations membres du réseau ou issues d’autres régions, de concerts et d’apéro-concerts, ces derniers constituant un moment important puisque s’y retrouvent les habitants de Parthenay et le public fidèle du festival qui vient de bien plus loin. Nous proposons également certaines années des spectacles jeune public et organisons des stages, des ateliers, des expositions et des projections de films dans le quartier médiéval. La manifestation accueille 6 000 spectateurs et mobilise 70 bénévoles. Nous ne souhaitons pas la développer davantage afin qu’elle demeure accessible et conviviale.

UPCP-Métive
Maison des Cultures de Pays – 1 rue de la Vau Saint-Jacques 79200 Parthenay
05 49 94 90 70
metive.org

Crédits photos : La scène extérieure de la Maison des cultures de Pays à Parthenay, photo UPCP-Métive

Partager